Mieux comprendre l’enfant : Les données des neurosciences affectives et sociales

Pourquoi faire référence aux données des neurosciences affectives et sociales ? Parce qu’elles nous aident à mieux comprendre l’enfant. Ces recherches nous disent que :

Une grande partie du cerveau est dévolue aux relations sociales et affectives, ce qui prouve leur importance capitale pour le développement de l’humain. L’enfant est un être profondément sociable. Il a besoin de nouer des relations avec des adultes qui le comprennent, le réconfortent et le soutiennent.

L’enfant naît avec un cerveau très immature qui explique :

  • certaines de ses réactions. Il ne peut pas se contrôler et se comporter comme un adulte ;
  • qu’on ne peut pas lui demander de faire ce que son cerveau n’est pas capable de comprendre.

Le cerveau de l’enfant est particulièrement fragile et malléable,

  • les relations qu’il vit avec son entourage modifient le développement global de son cerveau et agissent sur son cerveau intellectuel (mémoire, apprentissage, pensée) et sur son cerveau affectif (émotions, sentiments, capacités relationnelles).
  • Le cerveau de l’enfant ne se développe bien intellectuellement et affectivement que s’il reçoit de la bienveillance, de l’empathie, du soutien. Dès qu’on soumet l’enfant à des relations dures, non bienveillantes, son développement est entravé.

Le cerveau de l’enfant est très immature :

Son cerveau supérieur, les circuits qui les relient aux cerveaux émotionnel et archaïque ne sont pas matures et sont peu fonctionnels.

Le petit enfant est dominé par son cerveau archaïque qui le pousse à réagir instinctivement pour sa survie. Il attaque, fuit ou est sidéré quand il se sent en danger ou  que ses besoins fondamentaux (besoin d’affection, d’attention, de protection,  d’exploration, de calme,…) ne sont pas assurés.

Le petit enfant est dominé par son cerveau émotionnel, il vit ses émotions avec une extrême intensité : ses peurs, ses colères, ses chagrins sont très profonds. Il est perdu et submergé par ses véritables orages émotionnels.

Le petit enfant de la naissance à 5 ans, ne peut pas contrôler ses émotions. Son cerveau supérieur, qui permet de prendre du recul, d’analyser la situation, n’est pas encore mature.

L’enfant ne peut pas se calmer seul. Quand il est laissé seul face à ses émotions de tristesse, de colère, de peur, son amygdale cérébrale active la sécrétion de molécules de stress du cortisol, de l’adrénaline, qui en quantité importante peuvent être très toxiques pour son cerveau et tout son organisme.

Mettre des mots sur ses émotions est bénéfique. Cela apaise l’amygdale cérébrale, équilibre le système nerveux végétatif. Les molécules de stress toxiques pour le cerveau immature diminuent.

Le cerveau de l’enfant petit est très fragile et très malléable :

Le cerveau ne se développe bien intellectuellement et affectivement que s’il reçoit de la bienveillance, de l’empathie et du soutien.

Quand l’adulte est soutenant, bienveillant, empathique avec l’enfant, il participe à la maturation progressive de son cerveau. Il permet le développement du cortex préfrontal et d’une structure cérébrale extrêmement précieuse, le cortex orbito-frontal ou COF, puisqu’elle a un rôle dans notre capacité d’affection, d’empathie, la régulation des émotions, dans le développement du sens moral et l’aptitude à prendre des décisions.

Plus l’adulte est bienveillant et empathique avec l’enfant, plus l’enfant devient lui-même empathique et bienveillant.

L’enfant imite via les neurones miroirs. L’adulte est donc un modèle pour l’enfant, son influence est majeure. Ce que fait, dit l’adulte, l’enfant le reproduit.

Rassurer, câliner, en mots, en gestes, font sécréter de l’ocytocine qui apporte à l’enfant et à l’adulte du bien-être et augmente ses capacités d’affection, d’empathie, de coopération, de confiance, et diminue le stress.

Materner l’enfant (le rassurer, le sécuriser, le consoler) quand il est triste, anxieux, quand il a peur, modifie l’expression de gènes qui nous permettent de mieux faire face au stress, et accroissent le développement de l’hippocampe, structure cérébrale nécessaire à la mémoire et à l’apprentissage.

Soutenir, encourager l’enfant, l’inciter à découvrir, à explorer, font sécréter de la dopamine, molécule qui donne du plaisir à vivre, nous motive, nous rend créatifs et entreprenants. Ces attitudes favorisent également le développement de l’hippocampe que nous venons d’évoquer.

Le stress est très nocif pour un cerveau immature et fragile. Quand le stress est important, prolongé, le cortisol peut détruire des neurones dans des zones importantes du cerveau : cortex préfrontal, cortex orbito-frontal, hippocampe, corps calleux, cervelet.

La dureté des mots et des gestes empêche la maturation du cerveau, altère son développement et ne permet pas à l’enfant de réguler ses émotions.

Les mots humiliants, les cris, les menaces, les gifles, les fessées ont des conséquences nocives sur le développement du cerveau. Ils augmentent les difficultés d’apprentissage et rendent l’enfant anxieux, dépressif, agressif. Plus tard, il pourra développer des comportements déviants (violence, rupture sociale, addictions aux drogues, à l’alcool,…).

Quand l’adulte n’est pas bienveillant ni empathique envers l’enfant, celui-ci devient comme l’adulte, non bienveillant, non empathique.

 Pour aller bien, l’enfant a besoin :

  • de l’amour inconditionnel de ses parents, mais cela ne suffit pas, il a besoin aussi :
  • de recevoir de l’empathie, c’est-à-dire que ses émotions agréables ou désagréables soient accueillies ;
  • de pouvoir exprimer librement ce qu’il ressent : joie, enthousiasme, colère, tristesse, peur ;
  • de ne pas vivre dans la crainte d’être puni quand il fait des erreurs, mais au contraire de savoir qu’il peut dire ce qu’il ressent sans être jugé, critiqué ;
  • de se sentir encouragé, soutenu dans ce qu’il entreprend : il sera d’autant plus motivé à apprendre mieux ;
  • d’un adulte qui le guide avec bienveillance, qui lui montre le chemin, lui donne des repères tout en lui laissant la liberté de faire les choix qui lui conviennent.

Quelle est la relation idéale du parent ou de l’adulte avec l’enfant ?

  • Idéalement le parent aime inconditionnellement son enfant et sait lui exprimer son affection par sa présence, son attitude, son regard, son ton de voix, ses paroles et ses gestes.
  • Il l’aide à exprimer ses émotions qu’il accueille sans jugement négatif, il l’aide à les comprendre, il les lui explique.
  • Ecouter ne veut pas dire être d’accord et laisser tout faire. Ecouter, c’est prendre le temps d’être présent et de comprendre.
  • Quand le parent n’est pas d’accord, il écoute l’enfant puis il expose brièvement son point de vue avec bienveillance, donne des repères, fait des propositions, demande à l’enfant ce qu’il ressent et ce qu’il en pense (en tenant compte de l’âge de l’enfant).
  • Le parent exprime ce qu’il ressent dans sa relation avec lui.
  • Il le soutien et l’encourage.
  • Il lui donne la liberté nécessaire pour qu’il puisse choisir ce qui lui convient le mieux. L’enfant prend alors confiance en lui, peut expérimenter, se tromper et repartir.
  • L’adulte sait qu’éduquer, ce n’est pas entretenir un rapport de force ou de domination avec l’enfant. Ce n’est jamais punir, menacer, humilier verbalement ou physiquement. c’est montrer le chemin, échanger, apprendre à réfléchir, à choisir…

Quand le parent ou l’adulte n’y parvient pas :

  • Quand l’adulte a connu une éducation dure, avec des humiliations, devenir empathique, bienveillant avec son enfant peut demander du temps.
  • Parler, ne pas rester seul, partager ses expériences avec des personnes bienveillantes : famille, amis, groupe de parents, professionnels.
  • Pratiquer la communication bienveillante ou communication non violente (CNV) est une très grande aide. Celle-ci modifie en profondeur notre façon d’être et permet d’adopter une attitude empathique avec soi-même et avec les autres.

Prenez soin de vous et de vos enfants,

Corinne

Source : Extrait du livre « Vivre heureux avec son enfant, un nouveau regard sur l’éducation au quotidien grâce aux neurosciences affectives » de Catherine Gueguen (2015). Page 211.

Photo : Pixabay

Vidéo sur le sujet : Neurosciences, les secrets sur l’empathie https://www.youtube.com/watch?v=of6znVOEvZU


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